Au 31 décembre 2023, on comptait plus de 295 000 PME en Wallonie. Si elles sont importantes pour l'économie belge, leur viabilité est parfois fragile. Coût de l'énergie et de la main-d'œuvre, ou lourdeur administrative, les défis sont nombreux.
Médecin et entrepreneur, c'est la double casquette que porte Frédéric Clarembeau. Frustré de ne trouver dans les commerces que des confiseries artificielles et des produits apéritifs industriels, il se lance un pari osé en 2017 : celui de proposer des gourmandises artisanales utilisant des ingrédients nobles, meilleurs pour la santé.
"C'est ce constat qui m'a donné la flamme pour commencer cette aventure", se rappelle le confiseur gembloutois. "Au début, on a commencé avec ma compagne avant d'être rejoints par ma maman. Et puis, on a pu engager des ouvriers. On en a maintenant trois qui nous accompagnent dans notre démarche."
Le coût de la main-d'œuvre
Initialement installé du côté d'Anderlecht à Bruxelles, Frédéric Clarembeau a aujourd'hui déménagé son atelier dans le parc Crealys des Isnes. Si, au fil des années, son entreprise a bien grandi et s'est stabilisée, elle rencontre encore de nombreux défis, notamment au niveau du coût de la main-d'œuvre.
"La Belgique est le 4e pays en Europe où la main-d'œuvre est la plus chère. La question, c'est de se dire : est-ce qu'on promeut l'artisanat avec le risque d'avoir des coûts de main-d'œuvre très élevés et des produits extrêmement chers ? Ou est-ce qu'on automatise et industrialise en partie, avec une vraie structure d'investissement ?"
Soutenir les investissements
Le problème, c'est que cette structure d'investissement est aujourd'hui peu présente dans le secteur. Pour Frédéric Clarembeau, cela s'explique en partie par le comportement des banques. Elles sont, selon lui, souvent frileuses à soutenir les financements à haut risque des PME spécialisées dans l'agro-alimentaire.
"Je me retrouve parfois pied et main liés. J'aimerais développer mon activité et aller vers du 100 % belge et 100 % artisanal, mais il y a un manque d'acteurs capables de soutenir les investissements à risque."
Face à ces multiples obstacles, les petits entrepreneurs ont donc besoin d'un soutien politique accru. En visite chez Clarembeau, la ministre des PME, Eléonore Simonet, se dit déterminée à créer un environnement belge plus propice à l’entrepreneuriat.
"Ma responsabilité en tant que politique, c'est d'agir à différents niveaux, en renforçant le statut social de nos indépendants et en baissant les charges administratives", précise la ministre. "En Belgique, on doit donner toutes les cartes en main à nos entrepreneurs pour leur permettre d'innover, créer, être pourvoyeurs d'emplois et réaliser leur rêve."
Pour formaliser ses intentions, la ministre Simonet entend mettre sur pied un plan PME ambitieux. Aucune date n'est encore arrêtée, mais sa feuille de route devrait, selon elle, être présentée prochainement.
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